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En Israël, Netanyahou vient de former son gouvernement d'extrême droite sioniste. Certains de ses ministres se sont distingués par des propos racistes d'une rare violence et en particulier une apologie du génocide de la part de la ministre de la Justice. 

La  nomination de Erdan concerne les Français

Gilad Erdan a été nommé lundi ministre de la Sécurité publique, de la Diplomatie publique, et des Affaires stratégiques, dans le gouvernement du Premier ministre israélien. Gilad Erdan va "gérer la Diplomatie publique". Après avoir prêté serment lundi, "Erdan dirigera une équipe visant à lutter contre la délégitimation d'Israël, y compris la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS)".

Il faut donc s'attendre à des attaques plus dures encore contre nos libertés de la part des relais européens du gouvernement israélien.

Les complices du sionisme et l'amalgame antisionisme = antisémitisme

A plusieurs reprises notre gouvernement s'est exprimé pour dénoncer l'antisionisme comme source de l'antisémitisme, une affirmation jamais démontrée; il est  probable que les crimes israéliens répétés depuis plusieurs générations participent bien plus au développement de l'antisémitisme. Le Premier ministre obéissait ainsi aux lobbies communautaristes pro-Israël qui harcèlent les institutions politiques.

Une aubène pour les organisations sionistes n'avaient plus qu'à utiliser les déclarations gouvernementales. Par exemple ce communiqué du BNVCA (Bureau National de Vérification Contre l'Antisémitisme) qui demande "l'interdiction de manifestations publiques palestiniennes commémorant LA NAKBA (1) (catastrophe de la création de l'Etat juif) à Paris et Lyon le 16/5/15, incitatives à la haine (...) Ces rassemblements sont en totale contradiction avec les principes formulés par le Premier Ministre et du Président de la République qui ont clairement déclaré que "L'ANTISIONISME C'EST L'ANTISEMITISME"". (les majuscules sont de l'auteur)

La classe politique est vulnérable. Parce qu'elle fréquente les organisations sionistes plus que les Français ordinaires, elle peut finir par prendre des mesures contraires à l'esprit républicain, notamment à celui de la liberté, d'opinion et d'expression.

Le président de la  Licra (Belgique) demande que les pays de l'Union Européenne modifient leurs lois antiracistes pour y intégrer l'antisionime : "« Il faut modifier la loi contre l’antisémitisme ». Pour lui, les législations qui répriment le racisme et le négationnisme ne sont pas adaptées à « l’antisémitisme contemporain, c’est-à-dire l’antisionisme ». L'article est repris par le Crif le 20 mai 2015. Certes le racisme doit être fermement condamné mais ici, de glissements sémantiques en manipulations idéologiques, ce sont nos libertés qui sont en danger.

Le sionisme est une idéologie, pas un peuple

Rappelons que le sionisme est une idéologie comme le nationalisme, le libéralisme, le racisme, ... Les Juifs sont un groupe de personnes comme les Musulmans, les ouvriers, les Bretons, ... Les Juifs existent depuis presque 4000 ans et le sionisme depuis à peine plus d'un siècle.

Critiquer le sionisme, dénoncer ses crimes et vouloir les stopper ne peut pas être confondu avec le racisme anti-juif. Que des Juifs soient sionistes ne doit pas conduire à un amalgame. Il y a aussi des Juifs antisionistes, et des sionistes chrétiens évangéliques. 

C'est d'ailleurs l'Etat sioniste qui qualifie Israël comme Etat juif au lieu d'Etat de tous ses citoyens. C'est l'Etat sioniste qui appelle les Juifs français à émigrer vers "leur pays", jamais les antisionistes. C'est le sionisme qui fait l'amalgame entre Juifs et sionisme, entre Juifs et Israël mais ce n'est pas une obligation, les Juifs sont libres d'adhérer à n'importe quelle autre idéologie.

On peut caractériser l'idéologie sioniste comme une idéologie nationaliste identitaire archaïque (semblable aux nationalismes d'Europe orientale du XIXè siècle), colonialiste, raciste (colonies et routes réservées aux Juifs par exemple), d'apartheid parce qu'il prône la séparation des Juifs d'avec les autres que ce soit en Israël-Palestine ou en Europe (appel de Netanyahou au "retour chez eux" en Israël par exemple).

 Pour finir, il n'y a pas d'idéologie qui se nommerait antisionisme. Il n'y a que des antisionistes (des personnes) qui s'opposent à l'idéologie sioniste décrite ci-dessus. Ils le font par adhésion aux standards des droits de l'homme et du droit international.

Sionistes, procès contre le boycott et censures

Déjà, à l'occasion de la censure de la conférence de Stéphane Hessel, le CRIF avait revendiqué "être à la manoeuvre dans les procès contre le boycott" (2). Il avait instrumentalisé nos institutions à cet effet, lors de plusieurs dîners du CRIF  à Bordeaux et Lille, et l'UMP et le PS avaient y avaient pris des engagements en faveur de l'organisation juive contre des militants. Cela c'était traduit par une circulaire de la ministre de la Justice pendant le gouvernement Sarkozy appelant à la poursuite judiciaire des militants, et par une tribune incendiaire et haineuse de la part de l'opposition socialiste, aujourd'hui au pouvoir, envers des militants de gauche.

La LICRA s'est mise à découvert en se portant partie civile au procès des 12 militants mulhousiens, sortant de sa réserve pour défendre les intérêts d'Israël et de ses entreprises. 

Quant aux censures de la Palestine, elles sont inombrables, nous en citons deux dans cet article.

Ces attaques n'ont pour but que de freiner voire éradiquer toute critique de l'Etat d'Israël.

Aucune des actions des complices du sionisme n'a affaibli la Campagne BDS, au contraire, elle s'est développée comme partout dans le monde.

En conclusion, restons mobilisés pour défendre nos libertés. Et comme la liberté ne s'use que de ne pas s'en servir, continuons à développer la Campagne BDS.

(1) La Naqba fait partie de l'Histoire nationale palestinienne. C'est "la catastrophe" de l'expulsion de 90% de la population lors de la création de l'Etat d'Israël

(2) c’est d’ailleurs l’occasion de rappeler, notamment à ceux qui ont tendance à le passer sous silence, que c’est bien le CRIF qui est à la manœuvre derrière toutes les procédures contre le boycott, même si par tradition il s’abstient de porter plainte lui-même. Dans l'éditorial du président du CRIF ici